Une collection documentaire de 4 x 52’. Présentée par Stéphane Bourgoin. Réalisée par Barbara Necek, Marie Juteau et Laurent Abellard. Produite par Patrick Spica Prod.
Les mercredis 10,17 et 24 novembre et le 1er décembre à 22h45.
En trente ans de carrière, l’expert en criminologie Stéphane Bourgoin a étudié des milliers de cas de tueurs en série. Dans cette collection documentaire, il livre le fruit de ses investigations et dévoile le parcours meurtrier de chaque assassin présenté : enfance, premier passage à l’acte, carrière criminelle et arrestation. Des prédateurs sexuels aux couples diaboliques en passant par les femmes tueuses et les routards du crime, Stéphane Bourgoin nous ouvre ses archives personnelles et analyse dans le détail la psychologie, les rituels et les modes opératoires de ces serial killers. Retour sur les cas terrifiants de Michel Fourniret & Monique Olivier, du trio meurtrier de serial killers à Houston dans le Texas, Richard Cottingham, Guy Georges, Aileen Wuornos, Marybeth Tinning qui a tué huit de ses enfants, Bruce Mendenhall ou encore Pierre Chanal, à travers des reconstitutions saisissantes.
Ces couples diaboliques sont l’association de deux (ou trois) individus qui n’auraient peut-être jamais tué s’ils étaient restés seuls. C’est leur rencontre qui déclenche l’odyssée meurtrière. Michel Fourniret, « l'Ogre des Ardennes », est déjà un violeur en série, mais il devient un serial killer lorsqu’il reçoit la visite en prison de Monique Olivier. A Houston (Texas), un trentenaire Dean Corll et deux adolescents violent, torturent et assassinent 27 adolescents dans une affaire qui a terrorisé l'Amérique au début des années 1970.
80% des victimes de tueurs en série sont des femmes. Mais chaque serial killer se distingue par son mobile, son mode opératoire et son rituel. En France, Stéphane Bourgoin retrace la carrière criminelle de Guy Georges, le « Tueur de l’Est parisien ». Aux Etats-Unis, il nous décrit ensuite le parcours de Richard Cottingham qui a écumé New York et sa région pour torturer et mutiler des prostituées.
Les femmes meurtrières représentent environ 15% des multirécidivistes du crime. Ce sont des « veuves noires », des mères infanticides telle Marybeth Tinning qui tue huit de ses enfants sur une période de 14 ans ou encore Aileen Wuornos, une prostituée de Floride, qui abat ses clients avec une arme à feu. Son cas a inspiré le film « Monster » avec Charlize Theron.
Beaucoup de tueurs en série sont nomades, et c’est cette mobilité même qui les rend si difficiles à traquer. Arrêté dans le Tennessee, le routier Bruce Mendenhall a tué des prostituées et des fugueuses dans plusieurs Etats ; en France, le cas des "Disparus de Mourmelon" a marqué les esprits jusqu'au suicide du principal accusé, Pierre Chanal, au premier jour de son procès.
Voici trente ans que vous étudiez le profil des serial killers. Pourquoi cet intérêt ?
En 1976, ma compagne est violée et assassinée en Californie. Deux ans plus tard, j’apprends que son meurtrier est sous les verrous : il a avoué une douzaine de crimes. à cette époque, je ne trouve aucune réponse à mes nombreuses questions sur ce qui peut motiver les forfaits de ces stakhanovistes du crime. Il n’existe aucun livre sur le sujet et le concept même de tueur en série est inconnu. Cela me pousse à mener mes propres recherches et, depuis 1979, j'ai interrogé plus de soixante-dix serial killers différents à travers le monde. J’aiécrit plus d’une vingtaine de livres sur le sujet et tourné des dizaines de documentaires pour la télévision depuis 1991.
Comment et pourquoi ces hommes et femmes ont-ils basculé dans le crime ?
Le comment et le pourquoi ces hommes et ces femmes basculent dans le crime en série reste, à mes yeux, un grand mystère, un point d’interrogation.Ils ou elles proviennent tous de familles qui ont connu des dysfonctionnements graves. Ces enfants ont été victimes d’abus physiques, sexuels ou psychologiques, mais c’est un sort que connaissent aussi des dizaines de milliers d’enfants martyrisés qui n’en deviennent pas pour autant des serial killers. Pour ces tueurs en série, il y a cette notion de plaisir à tuer (qui n’est pas toujours un plaisir sexuel), de domination et de toute puissance.
De tous temps, il y a eu des tueurs en série. Est-ce là le signe qu’ils existeront toujours ?
Il y a toujours eu des tueurs en série. Rappelons-nous Gilles de Rais qui a combattu aux côtés de Jeanne d’Arc, ou Joseph Vacher, le tueur de bergères, illustré par Bertrand Tavernier dans le film « Le juge et l’assassin ». Malheureusement, leur nombre progresse avec l’accroissement des violences contre les personnes que l’on constate dans tous les pays du monde,même si la délinquance, elle, a tendance à diminuer. En France, par exemple, depuis 1999, on a arrêté, identifié ou jugé 97 tueurs (et tueuses) en série différents.
Pour en savoir plus : www.au-troisieme-oeil.com